
Il y a des personnes dont le parcours, la sensibilité et la créativité illuminent la vie de l’établissement. “Doudou” en fait partie. Proposé par l’équipe du PASA (Pôle d’activités et de soins Adaptés) du CDGI pour la richesse de ses créations artistiques, il a accepté de partager son histoire et son attachement profond à la peinture, devenue pour lui bien plus qu’un simple loisir.
Des origines guadeloupéennes à la vie en métropole
Né en Guadeloupe, il garde un lien fort avec son île d’origine, jusque dans le surnom qu’il a choisi : “Doudou”. En Guadeloupe, ce terme est une marque affectueuse et respectueuse, réservée aux personnes aimées et estimées. C’est ainsi qu’il souhaite être appelé, comme un clin d’œil à ses racines.
Il arrive en France métropolitaine à 18 ans pour son service militaire, puis décide d’y rester. Sa vie l’amène notamment à Évry-Courcouronnes, où il construit progressivement son parcours professionnel.
Un homme de métiers : peintre, paveur et ambulancier
Au fil des années, “Doudou” exerce trois métiers très différents, mais chacun porteur d’expériences marquantes. Il débute comme peintre décorateur, un travail minutieux qui lui permet déjà d’exprimer sa sensibilité artistique. Il reproduit notamment de grandes fresques sur les façades d’immeubles, un savoir-faire qui marquera durablement son goût pour la création.
Il devient ensuite paveur, un métier physique où il découvre la solidarité et la diversité culturelle des chantiers franciliens. Une époque exigeante, rythmée par des journées longues, des réveils matinaux et un sens aigu de l’effort. Plus tard, il se tourne vers le métier d’ambulancier, un métier passionnant mais aussi le plus difficile émotionnellement. Dans les années 80-90, il fait face à des propos racistes et à un manque de respect, révélateurs des préjugés de l’époque. Une épreuve marquante qu’il évoque avec beaucoup de dignité.
La peinture : une renaissance et une thérapie
Sa passion pour la peinture à l’EHPAD, née de son premier métier, s’est éteinte un temps. La période post-Covid, marquée par l’isolement et la fermeture du PASA, entraîne chez lui une perte d’élan, d’envie et d’estime de soi. C’est grâce à l’insistance bienveillante d’un autre résident et ami, Serge — aujourd’hui disparu — qu’il reprend les crayons. Son autoportrait, parfaitement réussi, devient alors un tournant : la confiance revient et l’envie aussi.
Aujourd’hui, son art est pluriel : portraits en noir et blanc, peintures en couleur ou dessins au crayon.
Travaux artistiques plus originaux, utilisant parfois des matériaux réels comme de vrais cheveux, qui donnent une dimension unique et sensible à ses œuvres.
Principalement, “Doudou” aime représenter avec tendresse les personnes autour de lui : les résidents du PASA qu’il connaît bien. Une belle reconnaissance l’attend : une exposition de ses œuvres sera organisée au sein de l’établissement, une perspective qui le remplit de fierté.
Il tient également un “cahier des souvenirs”, dans lequel il note les moments importants passés à l’EHPAD.
Un parcours riche, une personnalité attachante
Cet entretien met en lumière un homme déterminé et sensible. Entre ses origines guadeloupéennes, une carrière marquée par la diversité, les difficultés surmontées, et la redécouverte salvatrice de la peinture, “Doudou” avance avec courage.
Son art lui permet de renouer avec lui-même, de tisser des liens et de redonner du sens à ses journées. L’exposition prochaine de ses portraits sera l’occasion de célébrer ce chemin de renaissance.





